Polarité féminine et masculine : retrouver l’équilibre entre être et faire

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Se comprendre

Nous vivons dans une époque qui nous apprend remarquablement bien à faire.

Faire des études. Faire carrière. Être productif. Être performant.

Même le développement personnel a parfois adopté cette logique : devenir une meilleure version de soi, travailler sur soi, atteindre ses objectifs, dépasser ses blocages.

Mais une question beaucoup plus simple mérite d'être posée :

Quand avons-nous appris à simplement être ?

À ne rien produire ? À ne rien optimiser ? À ne pas avoir de résultat à montrer ?

C'est dans cet espace que la notion de polarité féminine et masculine devient intéressante.

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Les polarités masculine et féminine désignent deux types d’énergies symboliques présentes en chacun de nous. Les équilibrer permet de savoir quand passer à l’action et quand prendre le temps d’écouter ce que l’on ressent, pour avancer dans la vie tout en restant à l’écoute de soi et des autres.

Et peut-être que notre époque souffre justement d'un excès d'une seule de ces énergies.

Pourquoi sommes-nous devenus si bons à faire… et si mauvais à être ?

Imaginez une journée ordinaire.

Vous vous réveillez. Vous regardez vos notifications. Vous travaillez. Vous répondez à vos messages. Vous faites du sport. Vous faites les courses. Vous préparez à manger. Vous essayez de lire. Vous pensez à ce que vous devez faire demain.

Même lorsque vous vous reposez, une partie de votre cerveau peut déjà chercher à rendre ce repos « utile ».

Podcast pendant la marche. Livre de développement personnel dans le métro. Méditation pour réduire le stress.

Nous avons progressivement transformé une grande partie de notre existence en liste de choses à accomplir.

Le problème n'est évidemment pas l'action.

Sans elle, nous ne construisons rien.

Le problème apparaît lorsque notre valeur personnelle finit par dépendre de notre capacité à produire, réussir, avancer ou nous améliorer.

Nous ne nous demandons plus seulement :

« Qu'est-ce que je veux faire ? »

Mais parfois :

« Qu'est-ce que je devrais faire d’utile ? »

Dans cette logique, le repos peut devenir culpabilisant. La lenteur peut donner l'impression de perdre son temps. Ne rien faire peut être vécu comme une forme d'échec.

Et surtout, nous pouvons finir par ne plus savoir ce que nous ressentons.

Parce que ressentir demande quelque chose que notre société valorise assez peu : s'arrêter suffisamment longtemps pour écouter.

C'est justement ce que les auteurs du livre Sacrés ! Le féminin et le masculin vus autrement associent à la polarité féminine. Alors que représentent ces deux polarités ?

Polarité féminine et masculine : de quoi parle-t-on vraiment ?

Ces deux dimensions existent chez chacun. Il s’agit de deux polarités présentes en soi qu'il s'agit de reconnaître et d'unir.

Elles décrivent deux manières d'entrer en relation avec la vie.

La polarité féminine : recevoir, ressentir, créer

La polarité féminine, c’est la capacité à accueillir, ressentir, écouter son intuition, faire preuve de douceur et se laisser porter par les choses plutôt que de vouloir tout contrôler.

Elle est souvent associée à la réceptivité, à la créativité, aux émotions et au lien avec les autres.

La polarité masculine : décider, agir, construire

Le masculin représente davantage le mouvement vers l'extérieur.

C'est l'énergie qui dit : « Maintenant, qu'est-ce que j'en fais ? »

Elle permet de décider, structurer, agir.

C’est aussi prendre une direction, poser des limites, protéger, concrétiser une idée.

Au XXᵉ siècle, Carl Gustav Jung a décrit en chaque psyché une part intérieure de l’autre polarité. Il a nommé anima, la polarité féminine chez l’homme et animus, la polarité masculine chez la femme.

💡

Le saviez-vous ?

En 1974, la psychologue américaine Sandra Bem a mesuré ces dimensions avec un questionnaire resté célèbre.

Résultat : les personnes qui se reconnaissaient à la fois dans des traits dits « masculins » (affirmation, indépendance) et « féminins » (empathie, douceur) s’adaptaient mieux aux situations, parce qu’elles pouvaient puiser dans les deux registres selon ce que la vie demandait.

Aucune des deux polarités n’est synonyme de caricature. Le féminin n’est pas la passivité. Il agit autrement, par la présence, l’écoute, le rayonnement, et il sait aussi dire non, poser une limite, exprimer une colère juste.

Le masculin n’est pas la dureté. Dans sa version mûre, il utilise sa force pour protéger et encourager, sans dominer, et il peut montrer sa vulnérabilité sans perdre sa solidité.

Enfin, l’une sans l’autre ne mène nulle part. Le féminin ressent, imagine, perçoit ce qui a du sens. Le masculin décide, structure, concrétise. Sans le premier, l’action tourne à vide. Sans le second, les plus belles intuitions restent à l’état de rêves.

On pourrait donc résumer ainsi :

Le féminin perçoit ce qui veut émerger. Le masculin lui donne une forme.

Quand une seule polarité prend toute la place

Voilà où le lien avec notre époque devient frappant. Une société qui ne valorise que la production, la vitesse et le résultat érige le « faire » en norme pour tout le monde. Ce n’est pas la force du masculin qui pose problème. C’est que l’être, l’écoute et le ralentissement ont été relégués au rang de luxe, voire de faiblesse.

Les conséquences se voient des deux côtés. Beaucoup de femmes ont appris à réussir en se coupant de leur sensibilité et de leur intériorité : prouver, performer, ne jamais rien laisser paraître.

Beaucoup d’hommes, eux, ont appris qu’être fort, c’est savoir quoi faire à tout moment : montrer ses émotions, avouer sa fragilité ou demander de l’aide est devenu difficile.

Un déséquilibre prend en général des formes reconnaissables :

Le contrôle. On cherche à tout maîtriser parce que l’incertitude fait peur. Pourtant, ce qui échappe au contrôle (une naissance, une maladie, les sentiments d’autrui) demande l’inverse : faire confiance et lâcher prise.

Le perfectionnisme. Courir après la perfection est une manière de rester dans le faire : un jour, quand ce sera parfait, on aura le droit de se poser. Accueillir son imperfection, c’est une marque de la polarité féminine, et elle est précisément ce qui nous manque le plus.Si le sujet vous parle, je vous invite à lire :

Se libérer du perfectionnisme

L’urgence et la comparaison. Quand le féminin retrouve sa place, disent plusieurs témoins du livre, la comparaison diminue, l’urgence aussi, le stress avec elles.

Le déséquilibre inverse existe aussi : un féminin sans masculin peut mener au flou, à la difficulté de poser des limites ou de passer à l’action. Et il n’est pas nécessaire d’être « 50 % de chaque » : on peut avoir une polarité dominante. Le vrai problème c’est de perdre l’accès à l’autre.

Comment équilibrer ses polarités masculine et féminine ?

Équilibrer les polarités masculine et féminine, c’est apprendre à passer de l’action à l’écoute, de la réflexion au ressenti, sans rester bloqué dans un seul mode de fonctionnement.

Concrètement, avant de chercher à changer, il faut comprendre ses habitudes.

1. Faire le point sur son fonctionnement

Vous êtes souvent dans l’action ? Vous cherchez des solutions, planifiez, contrôlez, vous fixez des objectifs et avez du mal à vous arrêter. Vous pourriez avoir tendance à surinvestir les qualités associées à la polarité masculine.

Vous avez du mal à passer à l’action ? Vous réfléchissez beaucoup à ce que vous ressentez, attendez de trouver le bon moment ou avez du mal à prendre une décision. Vous pourriez avoir besoin de renforcer les qualités associées à la polarité masculine.

2. Développer sa polarité féminine : apprendre à accueillir

Exercice 1 — S'arrêter sans culpabiliser Chaque jour, prenez dix minutes sans objectif : pas de téléphone, pas de tâche à accomplir. Observez ce qui se passe en vous sans chercher à l'améliorer. À travailler : la capacité à ralentir et à être présente.

Exercice 2 — Distinguer l’urgent du fabriqué. Sur dix choses « urgentes », combien le sont vraiment ? Pour les autres, accordez-vous un délai. À travailler : la capacité à ralentir

Exercice 3 — Faire de la place à la spontanéité Choisissez une activité sans chercher à être productive ni à obtenir un résultat : danser, dessiner, vous promener ou écouter de la musique. À travailler : le plaisir, la créativité et le lâcher-prise.

3. Développer sa polarité masculine : apprendre à agir

L'objectif est de transformer ses intentions en actes, de prendre sa place et de construire une direction.

Exercice 1 — Choisir une direction Chaque matin, identifiez une action importante pour vous et réalisez-la avant de vous disperser dans les sollicitations du quotidien. À travailler : la clarté et la capacité à concrétiser ses intentions.

Exercice 2 — Poser une limite Refusez une demande qui ne vous convient pas, exprimez un désaccord ou formulez clairement un besoin que vous gardez habituellement pour vous. À travailler : l'affirmation de soi et la protection de ses besoins.

Exercice 3 — Avancer malgré l'incertitude Choisissez une chose que vous repoussez par peur de vous tromper. Définissez la plus petite action possible et faites-la sans attendre de vous sentir totalement prête. À travailler : l'initiative et la tolérance à l'incertitude.

Au fond, ce que décrivent ces traditions rejoint ce que nous apprennent la psychologie et les neurosciences : un être humain équilibré n’est pas celui qui ne fait que performer, ni celui qui ne fait que ressentir. C’est celui qui sait faire les deux, et qui sait quand.